Dans le cadre de la présentation du microzonning du projet d’aménagement du nouveau site marseillais en CSE de septembre, vos élu·es FC ont, une nouvelle fois, pu constater de la grossophobie ordinaire à Rte.
La grossophobie est une stigmatisation sociale, médicale, spatiale et politique des personnes grosses. Elle s’accompagne généralement de comportements hostiles qui discriminent les personnes grosses.
Avant toute chose il convient de rappeler que toutes les personnes grosses ne sont pas obèses ou malades. On peut tout de même garder en tête que les personnes en situation d’obésité (selon les calculs existants dans notre système médical) peuvent obtenir une RQTH si leur grosseur peut amener un handicap.
Précisons également que, contrairement aux idées reçues, le surpoids n’augmente pas en France. En effet, les chiffres donnés par la Sécurité Sociale (Comprendre le surpoids et l’obésité de l’adulte) précisent qu’entre 1997 et 2020, le nombre des personnes en surpoids stagne tandis que celui des personnes en situation d’obésité augmente, surtout chez les jeunes. Un article intéressant sur le sujet (blog « CORPS COOL ») rappelle également qu’il convient de prendre ces données avec prudence, les seuils d’obésité évoluant avec le temps (Y a-t-il une épidémie d’obésité ?).
A Rte, donc, malgré l’implication réelle des différents protagonistes de la QVT et de la Médecine du Travail, les choses n’avancent pas suffisamment. On trouve encore des situations qui ne nous semblent pas acceptables :
- Les accoudoirs sur les chaises ne permettent pas à toutes et tous de s’asseoir et l’absence de roulettes systématiques ne facilite pas la bonne installation des personnes autour des tables de réunion,
- Les chaises fragiles sont des obstacles pour certaines personnes qui craignent de se retrouver au sol,
- Les bureaux des espaces ouverts sont parfois trop étroits pour permettre à certain·es de passer de face,
- La mise en place de flex office de plus en plus fréquemment va totalement à l’encontre de postes de travail adaptés aux besoins de chacun·e,
- Les EPI n’existent pas toujours pour toutes les morphologies,
- Certain.es de nos collègues ne peuvent pas voyager en seconde classe, et se voient dans l’obligation de justifier à leur manager leurs demandes de dérogation à la politique voyage, ce qui peut être source de gêne,
Les personnes très grandes ou petites, enceintes, temporairement blessées, ou à mobilité réduite sont également concernées par ces difficultés…
Malgré ce constat, les projets de déménagement présentés depuis plusieurs années aux élu·es ne prennent toujours pas en compte ces dimensions. Heureusement, à Marseille, la Médecine du Travail a demandé certains aménagements pour aller dans le bon sens, et c’est peut-être ce qui permettra d’avoir des sièges de largeurs différentes et appropriées aux besoins de tous·tes. C’est bien que le problème de grossophobie est réel ! Mais il y a pire : malgré les remarques que nous faisons en IRP concernant les immeubles déjà existants, rien ne bouge, la densification continue, n’est-ce pas là une forme d’intolérance ?!
Il nous semble absolument nécessaire que la direction devance les besoins des personnes grosses : ce n’est pas à elles et eux de devoir quémander une adaptation exceptionnelle obtenue sur dérogation de leur espace de travail.Tous les espaces doivent être accessibles à toutes et tous et nous devons réagir ensemble. C’est là que la lutte pour l’accessibilité et la lutte contre la grossophobie se rencontrent.
Ce mépris est inadmissible !!!
Nous demandons, d’une part, à ce que le projet de Marseille soit revu afin de prendre en compte ces besoins, d’autre part, à ce que chacun des lieux de travail soit revu au regard de ces demandes d’aménagement.
La grossophobie nous concerne toutes et tous, elle peut être discriminatoire et est systématiquement humiliante. Il est grand temps que cela cesse et que la direction commence à traiter dignement chacun·e d’entre nous. La CGT des FC revendique une prise en compte de toutes les tailles et corpulences.